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·5 min de lecture·LegacyShield Team

Contrat de mariage numérique pour les couples expatriés : à qui appartiennent vos actifs cloud ?

Les couples expatriés en France partagent stockage cloud, portefeuilles crypto et abonnements communs — mais planifient rarement ce qui arrive à ces actifs en cas de séparation ou de décès. Pourquoi vous avez besoin d'un contrat de mariage numérique.

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La conversation que la plupart des couples expatriés n'ont jamais

Vous êtes venus en France ensemble. Vous avez ouvert un compte commun au Crédit Agricole ou à la BNP Paribas, partagé le loyer, fusionné vos profils Netflix. À un moment, l'un de vous a acheté du bitcoin. L'autre a créé un Google Drive partagé pour toutes les photos de famille. Vous payez ensemble le stockage iCloud où cinq ans de souvenirs sont sauvegardés.

Imaginez maintenant : l'un de vous décède soudainement. Ou vous vous séparez.

À qui appartiennent les photos ? Qui gère le portefeuille crypto ? Qui hérite du nom de domaine ? Si vous êtes tous les deux expatriés vivant sous le droit français — un droit qui peut être très différent de celui de votre pays d'origine — la réponse est presque certainement : personne ne le sait.

C'est la conversation que la plupart des couples expatriés n'ont jamais. Et c'est pourtant l'une des plus importantes que vous aurez jamais à mener.

Les actifs numériques sont des actifs réels

Ça peut sembler abstrait. Le « stockage cloud » ne ressemble pas à une question successorale. Mais regardez ce qui s'y trouve vraiment :

  • Cryptomonnaies et NFT — potentiellement des milliers ou dizaines de milliers d'euros
  • Noms de domaine et sites web — surtout si vous avez construit quelque chose ensemble
  • Bibliothèques photos partagées — des souvenirs de famille irremplaçables
  • Travaux créatifs communs — manuscrits, musiques, designs, dépôts de code
  • Services par abonnement — comptes Spotify, Amazon avec des années d'historique d'achats
  • Comptes d'affiliation et de revenus publicitaires — avec de l'argent réel dedans
  • Archives email — contenant des contrats, des correspondances, des données financières

En tant que couple expatrié, ces actifs s'étendent souvent sur plusieurs pays, plusieurs systèmes juridiques et plusieurs devises. Le droit français de la succession — organisé par le Code civil — peut prévoir quelque chose de très différent des règles de votre pays d'origine.

Le problème caché de la propriété

Voilà ce qui rend les actifs numériques particulièrement compliqués pour les couples : la plupart des plateformes ne reconnaissent pas juridiquement la copropriété.

Ce compte Google commun ? Les conditions d'utilisation de Google stipulent que le compte appartient à la personne dont le nom figure dessus. Si cette personne décède, le partenaire n'a aucun droit automatique d'accès — même si vous l'utilisez ensemble depuis dix ans.

Le portefeuille crypto que vous avez alimenté ensemble ? Si la clé privée n'est établie qu'au nom d'une seule personne, l'autre ne pourra peut-être jamais accéder à ces fonds — ni après le décès, ni après une séparation.

Les tribunaux français ont déjà eu à traiter des cas où des partenaires survivants se retrouvaient bloqués hors de comptes numériques communs. Le résultat dépend fortement du régime matrimonial choisi, de votre statut marital et de la documentation existante.

Le mariage ne résout pas tout automatiquement

Beaucoup de couples expatriés pensent que le mariage les protège. Ça aide — mais pas autant qu'on le croit.

Le droit matrimonial français connaît plusieurs régimes. Le régime légal, dit de communauté réduite aux acquêts, stipule que seuls les biens acquis pendant le mariage sont communs — les biens propres restent individuels. Un Google Drive créé avant le mariage ? Probablement la propriété exclusive de la personne dont c'est le compte.

Nombre d'expatriés choisissent la séparation de biens précisément pour garder leur patrimoine clairement distinct. Mais ce régime — qui semble protecteur — peut en réalité vous désavantager : si votre partenaire possède tous les actifs numériques importants à son nom, vous n'avez aucun droit automatique à leur transfert.

Pour les couples qui cohabitent sans être mariés — de plus en plus courant parmi les expatriés mobiles — la situation est encore plus précaire. Le PACS (pacte civil de solidarité) offre quelques protections, mais aucun droit automatique de succession sur les actifs numériques. Et le concubinage simple n'offre pratiquement aucune protection.

À quoi ressemble un contrat de mariage numérique

Un contrat de mariage avec clause numérique — ou une convention de PACS incluant les actifs numériques — est un document juridique qui établit explicitement qui possède quoi dans votre vie numérique partagée.

Il doit comprendre :

Inventaire des actifs numériques : Une liste de tous les comptes numériques significatifs, portefeuilles, abonnements et travaux créatifs — qui possède quoi, et dans quelle proportion s'il s'agit d'une copropriété.

Dispositions d'accès : Qui a (ou peut obtenir) accès aux identifiants, aux clés de récupération et aux appareils d'authentification à deux facteurs en cas de décès ou d'incapacité.

Destination en cas de décès : Ce qui arrive à chaque actif si l'un de vous décède — passe-t-il à l'autre ? Dans la succession ? Y a-t-il des souhaits spécifiques (ex. supprimer une bibliothèque photos, donner un projet créatif à une fondation) ?

Destination en cas de séparation : Qui reçoit quoi si vous vous séparez — et qui reprend les abonnements en cours ou les enregistrements de domaines.

Clause de révision : Un engagement à mettre à jour le document tous les deux à trois ans, car votre vie numérique évolue constamment.

Ce n'est pas un exercice juridique froid. C'est une conversation sur ce que vous avez construit ensemble — et pour s'assurer que vous êtes tous les deux protégés.

La couche internationale

Si vous êtes tous les deux expatriés, ou si l'un de vous est français et l'autre vient d'ailleurs, vous faites face à une complication supplémentaire : quel droit s'applique ?

En vertu du règlement européen sur les successions (Bruxelles IV), le droit du pays où la personne décédée résidait habituellement s'applique en général. Mais les actifs numériques hébergés sur des plateformes américaines (Google, Apple, Coinbase) sont souvent soumis au droit des États américains ou aux propres conditions d'utilisation de la plateforme.

Un expatrié qui décède en France peut voir ses biens physiques soumis au droit français, son compte bancaire britannique soumis aux procédures anglaises, et son compte Apple soumis au droit californien. Sans documentation explicite, démêler tout cela pour un partenaire en deuil peut prendre des années.

Agissez maintenant — avant d'en avoir besoin

La vérité inconfortable : la plupart des couples n'y pensent qu'après que quelque chose tourne mal. Une alerte de santé. Une séparation évitée de justesse. Un ami mort jeune qui a laissé son partenaire dans le chaos.

N'attendez pas ce moment.

Un contrat de mariage numérique n'est pas une marque de méfiance. C'est un acte d'amour. C'est dire : Je t'aime assez pour m'assurer que si le pire arrive, tu ne seras pas bloqué, perdu ou exclu de notre vie numérique commune.

Commencez par lister tous vos actifs numériques communs. Ayez la conversation sur qui possède quoi, et ce que vous souhaitez tous les deux qu'il en advienne. Consultez ensuite un notaire en France pour le formaliser.

Et conservez tout — le contrat, les informations de compte, les clés de récupération — dans un endroit accessible à vous deux, et que des personnes de confiance pourront trouver lorsqu'elles en auront besoin.

LegacyShield a été conçu exactement pour cela : un coffre-fort chiffré à connaissance zéro où les couples expatriés peuvent stocker des identifiants partagés, des contrats signés et des instructions étape par étape pour les personnes qui en auront le plus besoin.

Démarrez votre coffre-fort gratuit aujourd'hui — parce que votre vie numérique commune mérite la même protection que tout ce que vous avez construit.

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